mercredi 29 juillet 2026

Philosophie et thérapie.

Je termine l'écriture du supplément sur la Résurgence. La deuxième partie de ce supplément a trait aux conseils pour les meneurs de jeu et une chose étrange arriva...

Je passais de simples conseils sur comment mener une partie de jeu à des conseils sur la gestion de la table de jeu, au niveau humain… et je commençai une sorte de thérapie de jeu menant vers une forme de philosophie. Cela transcenda mes propres démons, cela me fit prendre conscience de la fin, avortée, de ma campagne de jeu, la fin de ma pratique du jeu de rôle, de ses conséquences et de ce qui y a mené. La compréhension des choix et non-choix, des actes et non-actes de tous les participants à cette table de jeu, moi y compris. J'écris donc une note d'auteur à ajouter après l'avant-propos de ce supplément, la voici :

Le parcours d’écriture de ce supplément aura été une aventure en soi. D’abord conçu comme une simple suite du premier livre et reprenant les changements portés à l’univers par la période de Résurgence, agrémenté de conseils destinés aux meneurs de jeu. Il s’est transformé, au fil de l’écriture de cette dernière partie de supplément, en une remise en question de mon parcours pendant la maîtrise de cette même campagne.

Cette campagne de jeu s’est mal finie, ou plutôt ne s’est pas finie. La table de jeu a explosé et la campagne en est restée là, à un moment crucial, suspendue à jamais. J’en ai beaucoup souffert, j’ai arrêté la pratique du jeu en lui-même et je voulais en faire autant avec l’écriture.

Mais le virus de l’écriture est plus fort. Je considère cela comme une addiction, tant ce besoin peut être maladif parfois et m’entraîne sur des terrains sombres. Bref, passons.

J’ai donc repris l’écriture et ce présent supplément est l’un des premiers dans lequel je m’y suis remis.

Abordant la partie sur les conseils aux meneurs de jeu, je glissais tout doucement dans une sorte d’introspection. Les conseils n’étaient plus ceux liés aux mécaniques de jeu de rôle, mais plus ceux jouant sur le côté « social » du jeu de rôle.

Une sorte de philosophie a commencé à transpirer des sujets abordés et des textes en découlant. L’écriture de ce chapitre fut une espèce de thérapie, une prise de conscience.

Tout ceci n’est qu’un jeu et cela n’est pas plus important que cela.

Mais ce jeu se pratique avec des personnes, des êtres vivants avec une conscience, des attentes, des failles, des incompréhensions, des non-dits, des doutes, des joies et des déceptions.

Je fus déçu, ils furent déçus. Ils ne le comprirent pas, je ne le remarquai pas.

Tout s’est arrêté du jour au lendemain, dans l’incompréhension réciproque. Personne n’a réagi, personne n’a cherché, personne n’a parlé, tout s’est arrêté.

J’ai mis longtemps à m’en remettre, même l’écriture n’était pas suffisante, jusqu’à cette prise de conscience dans cette suite de conseils de jeu que j’aurais aimé connaître avant de les écrire.

Ce n’était qu’un jeu et cela n’était pas plus important que cela.

C’était ma vie et c’est redevenu important.

Pas le jeu, il est fini, mais tout ce qui tourne autour continue.

La vie continue.

« Bien sûr, il ne s'agit ici que d'un jeu. À l'échelle des drames qui traversent notre monde, les blessures qu'une campagne inachevée peut laisser semblent bien modestes. J'en ai pleinement conscience. Pourtant, le jeu de rôle n'a jamais été seulement une affaire de règles ou de dés. Il est un lieu où des personnes se rencontrent, créent ensemble, se découvrent et, parfois, se blessent sans le vouloir. Ce ne sont pas les enjeux qui donnent de la valeur à une expérience, mais les liens humains qu'elle fait naître. »

1 commentaire:

  1. J’ai créé un univers qui s'appelle Réminiscence.
    Pendant longtemps, j'ai pensé que ce titre parlait surtout des civilisations disparues de mon monde.
    Aujourd'hui, je crois qu'il parle aussi de moi.
    Parce qu'une réminiscence n'est pas seulement un souvenir.
    C'est un souvenir qui revient, Non pas pour nous enfermer dans le passé, mais pour nous aider à comprendre le présent.
    Et, d'une certaine manière, c'est exactement ce que je suis en train de faire.
    Je ne réécris pas mon histoire.
    Je lui donne un sens.
    Finalement, c'est une très belle manière de terminer une campagne... même lorsque la dernière séance n'a jamais eu lieu.

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Philosophie et thérapie.

Je termine l'écriture du supplément sur la Résurgence . La deuxième partie de ce supplément a trait aux conseils pour les meneurs de jeu...