Le premier des derniers jours marque le retour des peurs et des craintes ancestrales. Celui qui va plonger les trois continents d’Aera vers l’obscurantisme.
D’anciennes
légendes s’entendent à nouveaux dans les estaminets. Les prophéties antiques se
chuchotent au coin du feu. Tous attendent, dans l’angoisse, le retour d’Agarash
le maître des ténèbres. L’esprit premier qui fit naître la folie dans les cœurs
des hommes reviendra hanter les nuits de population entière. La vermine verte
grouille d’impatience dans les tréfonds des montagnes, rongeant leur frein en
perspective d’un bain de sang. Les portes de la citadelle noire sont prêtes à
s’ouvrir et à vomir des hordes barbares dans les plaines et les champs. Un
nouveau maître y insuffle le vent de l’infamie. Le monde s’apprête à prendre un
tournant décisif ; réussir à rassembler des royaumes et pays aux mœurs et
politiques différentes, aux ambitions et aspirations contraires. S’unir pour
lutter contre une menace qui pourrait détruire toute vie, ou se regarder en
chiens de faïence, jouer sa propre carte et finir dévorer par les forces de la
noirceur.
Vivre ou mourir, survivre ou disparaitre, tels seront les choix qui s’offriront aux puissants de toutes régions.
D’un peuple oublié de tous, viendra l’espoir et la lumière qui transpercera l’obscurité qui recouvre les terres et les âmes. Un être, un peuple se mettront en marche pour ouvrir les yeux au monde entier. Une essence millénaire surgissant du néant et reformant des légions antédiluviennes surgissant des flots pour les libérer tous. La pureté s’affrontant à la noirceur, au chaos, délivrant les pays soumis.
Un autre choix s’offrira à chacun, le choix du bien et du mal, du blanc et du noir. Mais rien n’est totalement mauvais dans les actes des hommes comme ceux d’autres peuples. Même la lumière étincelante et vierge de toute impureté peut cacher une machine à marcher droit où aucune tête ne pourra dépasser.
Le premier des derniers jours est celui qui marquera l’incompréhension, le flou politique. Les alliances seront fragiles, les alliés indécis. Plus rien ne sera certain, hier comme demain, tout sera différent. L’ennemi le plus impitoyable sera peut-être le frère de toujours. De nouveaux seigneurs autoproclamés sortiront du bois et réclameront des territoires improbables.
Les anciens papyrus où baigne l’encre de la création, perdus dans des forteresses en ruine, ressurgiront du passé et influeront sur l’avenir.
Le premier des derniers jours sera celui où la perfidie susurra des mots doux aux oreilles chastes, à ceux qui conduiront les terres libres vers leur destin. Une nation fanatisée par une nouvelle doctrine, le monothéisme, le rejet des cultes anciens sortira de l’anonymat. De leurs sabres courbés, de leurs yeux fourbes, naitra une nouvelle invasion prenant à revers les anciennes puissances. L’acharnement et la rage surprendra des armées laissée trop longtemps dans la nonchalance. Leur fanatisme ne pourra être vaincu que par la mort.
Le grand conseil du Conglomérat des états libres se tiendra dans une cité séculaire. Les représentants de ses états devront s’entendre et d’une voie commune lutter contre les multiples menaces s’avançant dans l’ombre. Au sein de la cité, des silhouettes sombres s’immiscent dans le pouvoir local, corrompent les justes et gangréneront l’union des états libres. Ils influeront sur leurs décisions à leur propre profit. Le ver est dans la pomme.
Il n’y aura pas deux camps qui s’opposeront, mais une multitude pouvant s’imbriquer les uns dans les autres, avoir des buts communs ou cherchant la ruine des leurs pour des desseins cachés. Personne ne pourra distinguer le véritable visage de leurs alliés ou de leurs ennemis. Les amis d’aujourd’hui seront peut-être les traitres de demain.
Nul ne peut être certain de son propre rôle, du destin de sa propre faction ni de sa véritable aspiration. Luttant pour une cause, chacun pourrait être le pantin d’antagonistes se battant contre ses propres intérêts.
C’est
tout cela, le premier des derniers jours : la redistribution des cartes
sans savoir avec quel partenaire on joue, qui forme les véritables paires de
joueurs. Jouer sans connaitre la couleur en atout, yeux fermés et cartes
retournées, abattant le carton sans en connaitre les effets. La confusion
totale sera la norme. Les braves et les justes ne finiront peut-être pas du bon
côté de la destinée.
Cette période est dénommée : Réminiscence. Elle ouvrira la porte à la Résurgence.
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