vendredi 26 juin 2026

Mj tournant sur une campagne de jeu.

 

Une des choses que j’aurais pu faire pour « sauver » la campagne de jeu est de l’ouvrir à un second maître de jeu. Cela aurait été une excellente manière de prolonger sa durée de vie, de réduire la fatigue créative et de redécouvrir son propre univers sous un autre angle.

Il ne faut pas négliger la charge mentale que peut représenter le poids d’une campagne, surtout quand elle dure plusieurs années. Mais cela demande cependant un minimum de structure pour éviter les incohérences ou les frustrations. Frustrations qui ont été les prémices de la fin de la campagne.

Le premier conseil est de considérer le second MJ comme un véritable co-auteur plutôt que comme un remplaçant occasionnel. S'il ne fait que "tenir la boutique" pendant que le MJ principal se repose, il risque rapidement de manquer d'implication (une autre chose que je reprochais à mes joueurs, le manque d’implication, mais au final c’était une erreur de ma part, je leur avais vendu une campagne de jeu en table ouverte où chacun venait et partait à sa convenance. C’est moi qui en attendais trop, sans l’avoir clairement formulé au départ).

En revanche, s'il possède sa propre zone d'influence narrative, il développera naturellement de nouvelles idées et enrichira la campagne.

Il faut donc se concerter entre les deux Mj (ou plus si affinité, mais ça devient alors encore plus complexe à gérer).

L'idéal est souvent de définir clairement ce qui appartient à chacun. Par exemple, un MJ peut gérer la trame principale tandis que l'autre s'occupe des intrigues secondaires, des voyages, des factions ou d'une région particulière du monde. Cela permet à chacun de conserver une marge de créativité sans empiéter constamment sur le travail de l'autre.

Une autre approche consiste à partager le même univers mais à raconter des histoires différentes. Une séance sur deux, les personnages poursuivent leur aventure principale sous la direction du premier MJ ; la séance suivante, ils vivent une intrigue parallèle menée par le second. Cette formule fonctionne particulièrement bien dans les campagnes de type bac à sable. (En gros comme celle que je menais, même s’il y avait une trame de fond avec sa propre timeline).

Pour éviter les contradictions, il est fortement recommandé de tenir un journal de campagne commun. Il peut s'agir d'un simple document partagé contenant : les événements importants ; les PNJ majeurs ; les secrets déjà révélés ; les factions et leurs objectifs ; la chronologie des événements. Un peu comme je le faisais déjà avec le Kanka de la campagne (un wiki dédié).

Ou alors un simple document partagé sur Google Docs, par exemple. Plus ce document est synthétique, plus il sera utilisé.

La question du personnage du MJ principal lorsqu'il devient joueur mérite également réflexion.

Beaucoup de campagnes échouent à ce niveau. Le meilleur moyen d'éviter les problèmes est que chaque MJ possède un personnage à part entière lorsqu'il est joueur et s'interdise tout avantage lié à ses connaissances de l'univers.

Cela demande de la discipline mais offre souvent une bulle d’air bienvenue.

Il est conseillé aussi d'établir dès le départ une règle de confiance mutuelle : ce qui a été introduit en jeu devient canon.

Si un MJ fait évoluer un PNJ dans une direction inattendue ou ajoute un élément d'histoire intéressant, l'autre l'accepte et construit dessus plutôt que de chercher à corriger ou annuler ses choix.

Le mieux est que chaque Mj ne marche pas sur les plates-bandes de l’autre et que chacun gère ses propres Pnj, lieux et organisations.

Concernant le rythme, l'alternance stricte "une séance chacun" n'est pas toujours la meilleure formule. Il est généralement plus confortable de fonctionner par arcs de 3 à 6 séances. Chaque MJ dispose alors du temps nécessaire pour développer ses intrigues et préparer la suite pendant que l'autre est aux commandes.

Si votre campagne est ancienne et déjà bien installée, le second MJ peut être introduit progressivement dans une première aventure secondaire avec un scénario centré sur un autre groupe de personnages ou un épisode historique du passé, comme une sorte de flashback, ou du futur comme une prédiction (bien que plus difficile à manier), ou faire jouer dans une région éloignée de la trame principale.

Cela lui permet de trouver ses marques avant de prendre une place plus importante.

Une formule particulièrement efficace dans les campagnes longues consiste à distinguer les échelles :

MJ A : politique, royaumes, grandes menaces.

MJ B : enquêtes, aventures locales, exploration.

Les joueurs ont alors réellement l'impression que le monde est plus vaste qu'un seul point de vue.

Enfin, l'un des bénéfices les plus sous-estimés est psychologique : redevenir joueur dans sa propre campagne permet souvent de retrouver l'émerveillement des débuts. On cesse de porter seul la responsabilité de l'animation de la table, on découvre comment les autres perçoivent l'univers que l'on a créé, et cela génère souvent davantage d'idées que plusieurs mois de préparation solitaire.

jeudi 11 juin 2026

Page d'accueil 2.0

Il y a un an, presque jour pour jour, je vous faisais part du rebranding du label, avec un nouveau logo et une nouvelle typographie.

Le but était d'entamer une nouvelle dynamique qui, j'espérais, allait entrainer d'autres personnes à mes côtés. 
Ce que je ne savais pas, c'est que dans cette même semaine, j'allais jouer ma dernière partie de jeu de rôle avec une table en présentiel. Que tout allait s'arrêter à ce niveau-là.
Plusieurs mois d'introspection allaient suivre, l'envie de tout abandonner, jusqu'à la pose du manifeste comme nouveau point de départ. Mon envie de partage et de communication n'est pas morte, mais le constat est que j'ai plus souvent été à l'écoute que l'inverse. 
Las d'attendre un signe, un geste, un message, je repars seul au combat.
La page d'accueil de mon site web, ayant déjà été modifiée pour être plus claire sur ce que le site est et surtout n'est pas, je pouvais constater quelques incohérences et quelques tournures de phrases malheureuses incombant au fait de ne pas assumer totalement ce que je fais, ce que je suis. Dès lors, j'ai pris à bras le corps les modifications de cette page de présentation, sans me mésestimer, sans m'excuser d'être là.
Elle se retrouve plus claire et sans maladresse, et son changement acte un autre changement, celui de rester sur sa ligne de conduite sans faire de concession pour quoi et qui que ce soit, surtout quand l'inverse n'est jamais vrai.


mercredi 3 juin 2026

Archive et organisation

Gérer et continuer à développer un univers ayant débuté il y a plus de 30 ans n'est pas toujours simple.

L'un de mes personnages principaux a perdu son père et son grand-père de manière violente. Si le premier a une histoire quelque peu développée, il n'en est rien pour le second.

En faisant des "fouilles" dans mes publications, la seule chose que j'ai trouvée est l'année de son décès. Même si dans ma mémoire, il meurt lors d'une grande bataille, aucun nom de celle-ci ne semble exister, ni même le contexte ou l'identité des belligérants.

Pourtant il me paraissait avoir évoqué cela quelque part… quelque part, oui, mais où ?

L'ai-je vraiment évoqué plus que de dire "mort lors d'une terrible bataille" ? Rien ne prouve le contraire.

Alors voilà, je dois carrément créer un passé cohérent, inventer les faits, trouver les circonstances de cette bataille, les opposants et l'histoire de ce grand-père, mort en héros, mais dont peu de gens paraissent se souvenir. 

Il n'est donc pas toujours simple de gérer les fils des histoires de tant de personnages, entre souvenirs existants et ceux prétendument existants mais ne l'étant pas dans les faits.

La peur de développer une histoire et de se rendre compte qu'il y avait, quelque part, une note, une anecdote dans une nouvelle, un détour dans un roman, une évocation dans un supplément d'univers contredisant le nouvel écrit.

Choisir, c'est renoncer ! Palier un manque, c'est prendre le risque d'effacer une ancienne vérité. C'est prendre le pari que le nouveau récit deviendra canon dans l'univers et sera assez intéressant pour "effacer" un quelconque passage resté obscur, même pour moi. Après tout, qui peut être certain de la véritable histoire d'un aïeul décédé il y a trois siècles ?



Retranscription.

Je vous parlais, il n'y a pas si longtemps, sur ce blog, des retranscriptions de mes parties en solitaire (qu'il n'y a plus eues...