dimanche 19 avril 2026

Procrastination ?

 Pourquoi l’on n’écrit pas ?

Il arrive que l’on veuille écrire, réellement, mais qu’on reste bloqué.

Bloqué par quelque chose d’inconscient, qui n’a rien à voir avec l’écriture.

L’histoire est là, les personnages aussi, les scènes reviennent avec insistance, comme si elles réclamaient d’exister. Et pourtant, on n’écrit pas.

On ouvre autre chose. Une vidéo, puis une autre.

Le temps passe sans bruit. L’envie, elle, ne disparaît pas. Elle reste en suspens, intacte, mais inemployée.

On se dit qu’on le fera plus tard, mais plus tard, c’est toujours plus tard !

 On pourrait croire à de la paresse. C’est rarement le cas.

Écrire demande une forme d’engagement que peu d’activités exigent encore. Il faut accepter de ne pas savoir, de choisir malgré le doute, d’avancer sans garantie. Rien n’est immédiat, rien n’est certain. En face, le monde propose des distractions parfaites : rapides, simples, sans enjeu. Le corps choisit le repos, l’esprit évite la friction.

 Mais parfois, la résistance vient d’ailleurs.

Certains projets ne sont pas seulement des textes. Ils sont liés à des moments, à des voix, à des présences qui ne sont plus là. Les rouvrir, c’est retrouver quelque chose qui s’est arrêté sans vraiment finir. Alors on détourne le regard. Non par désintérêt, mais par précaution.

Le jeu de rôle n’est pas une activité solitaire, il crée des liens et quand ceux-là n’existent plus, la raison de l’écriture (pour le jeu de rôle) se voit modifiée.

Il faut occasionnellement en retrouver une, retrouver un mode de fonctionnement, une nouvelle motivation.

 S’ajoute à cela le poids des commencements inachevés. Plusieurs fragments, laissés en attente, finissent par se confondre. Ce qui était simple devient diffus, presque opaque. On ne sait plus par où reprendre, alors on ne reprend pas.

 Pourtant, il ne manque pas grand-chose.

Souvent, il suffit d’un geste minime. Revenir à une page, lire quelques lignes, corriger une phrase. Rien qui ressemble à un projet, encore moins à une ambition. Juste un contact. Le reste vient parfois ensuite, presque malgré soi.

 Écrire ne demande pas toujours du courage. Parfois, seulement de rendre le chemin à nouveau praticable.

 Parce que l’envie, elle, n’a pas disparu. Elle attend simplement que quelque chose cède.

 Le manifeste est confortable, il n’oblige à rien, il ne contraint pas, il ne donne pas de limitation de temps, pourtant il va falloir…

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